La Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes de la fin d’année existe pour rappeler que naître femme expose partout dans le monde à toutes sortes de violences. Stéphane raconte comment cette date s’est peu à peu imposée. 

Par Stéphane Lecompte.

Alors que l’on dénombrait, mi-décembre, 158 féminicides, le 25 novembre a une nouvelle fois été consacré à la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. L’occasion de rappeler que ces violences, présentes partout dans le monde, touchent toutes les catégories socioprofessionnelles. Elles ne se limitent pas aux agressions physiques, mais englobent également des violences psychologiques, sexuelles ou économiques, exercées tant dans la sphère privée que dans l’espace public.

Instituée officiellement par l’Organisation des Nations unies le 17 décembre 1999, cette journée internationale s’inscrit dans un processus engagé dès 1993 avec l’adoption de la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes. L’ONU encourage depuis les États et les organisations à mettre en place des actions de prévention et de sensibilisation face à ce fléau sociétal.

Le choix du 25 novembre renvoie à un événement tragique : l’assassinat, en 1960, des trois sœurs Mirabal, militantes politiques dominicaines, tuées sur ordre du dictateur Rafael Trujillo. Ce crime a conduit la République dominicaine à proposer qu’une journée internationale soit dédiée à toutes les femmes victimes de violences.

D’autres dates jalonnent également ce combat. La Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars, a été rendue pérenne en 1977. En 2003, l’ONU a instauré la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines, suivie en 2010 de la création de l’agence ONU Femmes, chargée de promouvoir l’égalité et l’autonomisation des femmes. La Journée internationale des droits des filles, célébrée le 11 octobre, complète cet ensemble de mobilisations.

À l’échelle nationale ou locale, certaines commémorations sont nées de faits divers marquants. Le Chili observe ainsi, depuis 2006, une Journée nationale contre le féminicide le 19 décembre. Au Canada, le 6 décembre rend hommage aux quatorze femmes assassinées lors de la tuerie de l’École polytechnique de Montréal en 1989.

Ces mobilisations s’inscrivent dans une histoire plus longue. Dès 1910, la militante socialiste et féministe allemande Clara Zetkin proposait l’instauration d’une journée dédiée aux droits des femmes. Autant d’initiatives destinées à dénoncer des injustices profondément enracinées, héritées de siècles de domination patriarcale, dont les violences sexuelles au travail demeurent une expression persistante.

Reste une question essentielle : que réserve l’avenir aux femmes, et plus largement à l’humanité, pour que ces combats conduisent à une société plus juste ? Si la réponse ne dépend pas uniquement de notre époque, poursuivre ces engagements demeure un pas indispensable pour espérer voir advenir un monde plus apaisé.