L’édito de février

Qui a peur du dragon ?
Le 10 février, nous entrerons, selon le calendrier chinois, dans l’année du dragon. Ciel ! Quelle affreuse bête ! Incarnation de l’apocalypse, dans la mythologie judéo-chrétienne. Que nous pend-il au nez pour 2024 ? Déjà que 2023 n’a pas été folichon sur le plan des bonnes nouvelles. Trêve de défaitisme. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

C’est le message de deux nonagénaires ayant récemment fait la Une des médias. La première est japonaise. Elle a été retrouvée vivante, après cinq jours passés sous les décombres de sa maison de Suzu, ville ravagée par un tremblement de terre début janvier.  Lorsque le médecin urgentiste lui a tendu la main à travers les gravats, « elle l’a doucement serrée » a raconté ce dernier, impressionné par la résistance de cette faible femme. A 90 ans, n’est-on pas forcément faible et fragile ? La preuve que non ! Que valent 120 heures (même sous des ruines) contre neuf décennies d’existence ? Vivre longtemps peut développer l’endurance.

La seconde nonagénaire dans l’actualité de ce début d’année s’appelle Jane Goodall. Elle vient d’avoir les honneurs d’un portrait dans le quotidien Libération. La primatologue britannique, connue pour ses travaux sur les chimpanzés, nommée pour le prix Nobel de la paix en 2019, était de passage à Paris. Faire rare, car la dame court le monde dans tous les sens, 360 jours par an. Elle ne se lasse pas d’alerter les jeunes (tous ceux qui sont moins âgés qu’elle) sur la biodiversité qui se meurt et les forêts qui disparaissent. Mais elle promeut aussi son programme environnemental Roots and Shootshttps://rootsandshoots.fr/., lancé en 1991 en Tanzanie et développé dans 70 pays. La dame croît à la vertu de l’éducation, car elle n’a pas perdu l’espoir. Aussi vante-t-elle la force de milliers de gestes individuels pour sauver le monde. « Si nous perdons espoir, nous serons totalement condamnés ».

Alors prenons exemple sur ces nonagénaires pour croire que le pire n’est jamais certain. Et trouver le courage de s’exclamer face au dragon : même pas peur !