Les élections municipales viennent de s’achever et, partout en France, les communes entament un nouveau cycle. Entre rêve et réalité, quels projets pour mieux vivre ensemble peut-on espérer voir se développer ?

Revue de presse de la Maison des Aînés.
Étaient présents : Alain, Claude, Eliane, Françoise A, Françoise V, Marie Laure, Muriel, Serge.

La période électorale est propice à l’éclosion de toutes sortes de projets qui ne tiennent pas compte des multiples contraintes auxquelles les communes doivent répondre. Claude rappelle à ce propos que les électeurs ne sont pas les derniers à s’enthousiasmer pour des programmes sans mesurer s’ils sont réalisables ou pas : « Beaucoup de gens envisagent les élections comme une bourse aux projets, mais n’évaluent ni leurs coûts, ni leurs conséquences, ni leur impact. De ce point de vue, ils se déchargent totalement sur leurs élus qui se gardent bien de trop parler des aspects concrets qu’implique la mise en place de leurs propositions. Il serait préférable de voter en ayant une vision globale du fonctionnement de sa ville plutôt que pour défendre telle ou telle action spécifique ».
Muriel pense qu’il serait important que les citoyens puissent être associés aux décisions concernant l’avenir de leur commune, sur les dossiers les plus importants en tout cas : « J’ai longtemps vécu dans le centre de la France à proximité d’une centrale nucléaire. Sa construction a généré de nombreux débats. Personnellement, j’y étais favorable ; je n’avais pas peur des conséquences environnementales ; je voyais que notre région allait bénéficier de revenus inespérés mais je trouvais important de discuter avec les opposants ». 
Même les petits projets devraient être entendus, c’est l’idée que défend Françoise V. : « Une politique municipale devrait s’élaborer en tenant compte de l’ensemble de la population, sans distinction d’âge. Il faudrait cependant que les concitoyens puissent exprimer leurs idées ; cela permettrait de confronter les avis des uns et des autres et enrichirait le débat ». 
Alain et Françoise A. se méfient pour leur part d’un certain clientélisme : « On ne peut pas faire plaisir à tout le monde. Faut-il par exemple rénover le terrain d’un club de boulistes ? Ce n’est pas forcément une priorité, sauf pour les joueurs de pétanque. Les élus doivent établir une hiérarchie dans la réalisation des projets ». 
Nécessaire aussi de comprendre comment sont financées certaines propositions. A Petit-Quevilly, il existe des restaurants pour les personnes âgées dans le prolongement des cantines scolaires. Les restaurants restent ouverts durant l’après-midi et permettent aux usagers de maintenir un lien social. Si Claude s’interroge sur le coût d’une telle initiative, Muriel estime que le bénéfice social est important et justifie l’investissement de la commune, même si elle ne prend pas forcément en charge la totalité du financement. Marie Laure précise : « Pour certains projets, d’autres organismes, comme la Carsat, peuvent aussi en assumer une partie. On ignore trop souvent les mécanismes d’une politique communale et les aides dont les villes peuvent profiter ».
La question du « vivre ensemble » reste primordiale selon Patricia. « Les citoyens devraient apprendre à se montrer attentifs envers les uns et les autres. Françoise A. et Muriel partagent cet avis et affirment qu’il faudrait soutenir les initiatives encourageant les rencontres : « Les lieux ouverts comme les maisons de quartier jouent un rôle éducatif. Tout le monde devrait y avoir accès ». De son côté, Marie-Laure aimerait mettre la lecture à l’honneur, notamment pour les personnes qui en sont éloignées… mais comment les motiver ? Françoise V. veut croire que des programmes ludiques attireraient davantage de monde : « Si l’on veut toucher le plus de gens possible, on doit penser à des programmes suffisamment divertissants ».
Claude garde une forte impression de « Rouen sur mer », un dispositif organisé par la Ville de Rouen l’été dernier.  « Elle a permis aux jeunes de se retrouver ensemble durant l’été. Il faudrait voir comment on pourrait la financer en dehors de la période estivale ». En effet, ce genre d’initiatives a longtemps existé à travers le patronage, ainsi que le rappelle Serge : « Il y avait du foot, du théâtre, des jeux de piste… À l’époque, cela semblait naturel ». Mais aujourd’hui, comment développer ce genre de projet alors que la santé financière des municipalités est, d’une manière générale, plus fragile ? Faut-il passer par des actions bénévoles ? Une ville peut-elle se permettre d’ouvrir davantage certains équipements pour accueillir de nouvelles activités ?
Les conseils municipaux qui viennent de se mettre en place ont sept ans devant eux pour répondre à ces questions.