Dominique Samson a retrouvé la magie de Noël dans le regard des enfants. Et si nous nous inspirions de la lumière qui le fait briller pour nous montrer solidaires et généreux chaque jour de l’année et pas seulement à Noël ?
Par Dominique Samson.
Pendant la période de Noël, la paix dans le monde est un sujet souvent évoqué. On parle même de trêve dans les luttes armées et dans les relations hommes/femmes. On chante de merveilleux cantiques, on visionne à la télévision des contes en images où « tout le monde il est beau, il est gentil ». On fait bombance en essayant de ne pas trop penser aux millions de personnes qui meurent de faim dans le monde, aux pauvres qui resterons pauvres après Noël.
Puis, après les fêtes de Noël, on oublie tout. Ou presque. On retombe dans nos querelles médiocres. Les guerres reprennent. Les marchands d’armes signent des contrats de plus en plus juteux. Le racisme continue à ne pas avoir honte, l’antisémitisme à s’afficher avec toujours plus d’arrogance, l’islamophobie à perdurer qui place tous les musulmans dans le même panier. Les associations d’aide aux plus démunis ont toujours du mal à trouver l’équilibre pour assurer leurs nobles activités, utiles et de plus en plus urgentes.
Serais-je un pessimiste ? Disons plutôt, un inquiet. Et pourtant… Une petite lumière continuera de briller. C’est celle du regard des enfants. J’ai eu récemment l’occasion de saisir le regard d’un enfant sur le père Noël qui lui faisait face. J’ai été traversé par une sorte de révélation. Ce regard était plein d’innocence, plein de tendresse, plein de confiance envers l’adulte, fut-il déguisé en père Noël. Bref, cet enfant n’était pas encore taché par la désillusion, pas encore déçu par la réalité du monde dans lequel il devra grandir, pas encore trahi par les adultes, pas encore frustré par le souvenir de son enfance, loin des problèmes quotidiens de l’existence. (Je fais bien sûr allusion aux enfants heureux, qui sont respectés, protégés dans un environnement aimant).
A ce moment-là, mon esprit, peut-être utopique, a été frappé par une évidence : voilà ce qui manque à l’humanité entière. Cette perte de l’innocence de l’enfant que nous avons été. Ne savons-nous donc plus réagir comme un enfant ? En ayant des rêves ? En croyant en nos utopies ? En faisant confiance à ceux qui ont quitté l’enfance et l’adolescence ? Est-ce la société dans laquelle nous vivons qui nous interdit de revendiquer cette part de rêve qui nous a habités dans l’enfance ?
Pour vivre, survivre pour certains, il nous est demandé d’affronter la réalité de notre environnement social, économique, politique. De nous montrer durs et batailleurs, de nous interdire trop de mansuétude envers les personnes susceptibles de nous affaiblir, voire de nous faire chuter. L’empathie, la compassion, la solidarité ne sont plus les clefs de vie pour beaucoup. Ces valeurs n’ont pas disparu : on les retrouve chez certaines personnes et au sein d’associations humanitaires.
Mais pour qu’elles rayonnent davantage, redevenons de temps en temps des enfants. Retrouvons une âme d’enfant. Que notre regard vers les autres brille encore tous les jours, et pas seulement à Noël, de l’éclat de l’innocence originelle. Sachons nous émerveiller devant la beauté, quelle que soit sa forme ou sa nature, et d’apprécier les petites choses du quotidien, qui sont comme des perles pour notre cœur, notre âme, notre esprit. Regardons les autres comme l’enfant, ses parents ou ses frères et sœurs, qui auraient quelque chose à nous apprendre. Et comme l’enfant qui se réfugie dans les bras de sa mère ou de son père, fuyons la méchanceté. Alors Noël sera une fête de tous les jours.
Le 25 décembre 2025.



