Les résidents de l’Ehpad Saint-Joseph de Sotteville-lès-Rouen savent ce qu’observance médicamenteuse signifie. Simone prend 16 médicaments par jour, Mireille 10 et Liliane 9. La clé pour les accepter et les prendre scrupuleusement ? Une bonne relation avec celle ou celui qui les a prescrits. Débat. 

Revue de presse à l’EHPAD Saint-Joseph de Sotteville-lès-Rouen.
Étaient présents : Anne-Marie, Jeanne, Liliane, Mireille, Pauline, Raphael, Roger, Rosa, Simone, Suzanne ainsi que Athénaïs (animatrice) et Ange (service civique).

L’âge venant, les questions de santé se font de plus en plus présentes, des fragilités se déclarent qui nécessitent un suivi médical. Aussi, à l’Ehpad Saint-Joseph de Sotteville-lès-Rouen, les médicaments, les résidents connaissent. Simone, par exemple, en prend 16 par jour, Mireille 10 et Liliane 9. Le secret pour les accepter ? Comprendre les raisons du traitements et l’importance de le suivre ont déclaré quelques résidents. Liliane et Anne-Marie ont longtemps résisté à recourir à des produits qu’elles qualifient de « saloperies ». Et puis, « prendre un médicament, c’est reconnaitre que l’on est malade » relève Liliane, « ce qui ne va pas de soi ». Anne-Marie a longtemps refusé tout suivi médical. C’est à la suite d’une opération à laquelle est n’a pas pu échapper qu’elle a accepté de consulter un médecin généraliste. Une chance qu’elle en ait trouvé un car cela n’est pas le cas de tous !  
Avec ce médecin, Anne-Marie a réussi à établir un dialogue de confiance. « C’est indispensable pour accepter d’écouter ses recommandations ». Mireille est du même avis. De plus, bien se faire comprendre de son médecin permet de limiter le nombre de médicaments prescrits et ingurgités. Ce qui diminue d’autant les effets secondaires qu’ils peuvent provoquer. 
 « Quand un médecin nous connait bien, il peut faire un meilleur diagnostic, ajoute Ange, jeune service civique. J’essaye toujours de consulter le même docteur ou le même spécialiste ».
Être suivi par le même praticien pendant plusieurs années favorise la confiance qu’on peut lui accorder. « Je m’en remets à ce que diagnostique et me prescrit le docteur » déclare Michel.  Même si j’avais une autre idée…C’est lui le pro ».  Claude est du même avis, bien que son ancien médecin de famille soit parti à la retraite et qu’il soit désormais suivi par son jeune remplaçant « qui est très bien ! ».

Hélas, certains résidents ont dû se résigner à être accompagnés par un médecin qui ne leur convient pas. « La docteure que je consulte me prescrit des ordonnances pour contenir mon diabète, mais je n’ai aucune relation avec elle. Elle ne parle pas. Cela me navre, mais je ne vois pas trop comment faire autrement ».
Liliane a longtemps fréquenté un médecin peu empathique. « J’avais l’impression qu’il restait totalement hermétique à ce que je pouvais vivre et ressentir. Cela ne se passait du coup pas très bien entre nous. Il a fallu qu’il ait des ennuis personnels pour qu’il comprenne ce que je ressentais ». 

Quant aux résidents ne bénéficiant pas de suivi médical, et faute de la présence d’un médecin coordinateur au sein de l’Ehpad, ils sont obligés de s’en remettre aux urgences médicales, quand cela ne va pas. Ce qui est une grosse source de stress.