Pour la première fois en France depuis la Seconde Guerre mondiale, la mortalité a dépassé la natalité. Ce qui n’est pas bon pour la démographie. Pour tenter d’endiguer le phénomène, le gouvernement a déployé toute une série de mesures…
par Stéphane Lecompte.
Qu’est-ce, la dénatalité ? C’est lorsque le nombre d’enfants qui naissent est inférieur à celui des personnes qui décèdent. Le remplacement des générations ne se fait plus ce qui fait décroître la population. Et pose par ailleurs des problèmes structurels – le principe des retraites par solidarité intergénérationnelle, par exemple. Un seuil de remplacement est fixé par pays. Les pays développés ont un taux d’indice synthétique de fécondité (ISF) de 2,1 enfants par femme, alors que dans les pays en voie de développement, il peut atteindre 3,4 enfants par femme. Dans ce calcul, le taux de mortalité infantile et l’âge moyen d’espérance de vie sont pris en considération. A l’échelle mondiale, l’indice moyen s’établissait à 2,2 enfants par femme en 2025.
En France, en 2025, 645 000 nouveau-nés ont montré leur visage attendrissant, soit 2,1 % de moins qu’en 2024 et 24% de moins qu’en 2010, qui correspond au dernier taux national élevé. Or en 2025, 651 000 décès ont été enregistrés, dont la plus grande partie dans les premiers mois de l’année à cause de l’épidémie de grippe hivernale. Cela a conduit à ce que le taux ISF vacille et atteigne un taux jamais enregistré depuis la Première Guerre mondiale : 1,56 enfants par femme. A noter que paradoxalement, il a été observé en 2025 toujours, une augmentation du nombre de mariages (251 000) et de Pacs (197 000) ! Comme quoi, le couple n’a plus pour finalité de se reproduire !
Comment pallier à cette pénurie d’enfants ? L’actuelle ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, a annoncé seize mesures. L’une d’elles nous interpelle particulièrement. Dès l’été prochain, chaque Française et Français de 29 ans recevra un courrier pédagogique les invitant à réfléchir à l’avenir démographique de la nation. Il ne s’agira pas de les obliger à procréer, car chacun est libre dans notre démocratie de choisir ce qui lui convient le mieux, mais d’être parfaitement informé de ce qui résulte pour la nation d’enfanter ou pas. Mais pourquoi cet âge, 29 ans, précisément ? Pour rappeler que l’âge biologique a ses raisons… C’est à partir de 30 ans que la fertilité spontanée diminue. C’est donc dès 29 ans, que l’autoconservation des gamètes (cellules reproductrices féminines et masculines), hors dérogations médicales, sera autorisée et pris en charge financièrement. Les Françaises et Français ayant un désir d’enfants mais à moyen ou long terme, sont donc invités à anticiper et à faire congeler leurs ovocytes ou spermatozoïdes dans le but, le moment venu, de bénéficier d’une assistance médicale à la procréation ou d’une fécondation in vitro. La lettre contiendra également d’autres informations touchant à la contraception et à la santé sexuelle.
Les Français auront-ils plus envie de devenir parents ? Un rapport parlementaire comprenant 40 mesures pour lutter contre la dénatalité proposait lui de verser aux parents 40 euros par mois et par enfant…En attendant, la flamme de la natalité reste hésitante.



