Mi-décembre, l’attentat antisémite perpétré à Bondi Beach en Australie a causé la mort de 16 personnes. Ce bilan aurait pu être bien plus lourd sans l’intervention d’Ahmed al Ahmed, un vendeur de légumes de 43 ans, originaire de Syrie. Les images de cet homme sautant à mains nues sur un assaillant armé d’une arme lourde a fait le tour du monde et suscité une grande admiration.
Revue de presse de la Maison des Aînés de Rouen.
Étaient présents : Alain, Eliane, Françoise, Frédérique, Marie-Claude, Marie-Laure, Muriel, Patricia, Sophie, Serge, Serge-Patrick, Yvon.
Le courage dont a fait preuve Ahmed al Ahmed pour déjouer l’attaque terroriste qui s’est déroulée à Sydney en Australie a provoqué de nombreuses réactions admiratives. Elle a aussi réveillé au sein de notre revue de presse le souvenir de ces hommes et de ces femmes qui, par le passé, ont risqué leur vie pour en sauver d’autres.
Si Patricia fait remarquer que ces personnes ont souvent une expérience dans le maintien de l’ordre – Ahmed al Ahmed est un ancien policier -, Eliane rappelle que le jeune homme – Fousseynou Cissé – ayant porté secours à des enfants piégés dans les flammes de leur appartement situé au 6ème étage de leur immeuble ne s’était pas préparé à devenir un héros.
Mais ce sont les actes héroïques liés aux attentats que la France a connus il y a dix ans qui reviennent en mémoire notamment de Serge D.
Ainsi celui du jeune employé du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes, Lassana Bathily, qui a sauvé six clients en réussissant à les cacher puis à prévenir la police de leur présence, en janvier 2015, quelques jours après l’attentat meurtrier dans la rédaction de Charlie Hebdo.
Ainsi celui de la jeune femme, connue sous le nom d’emprunt de Sonia, qui, la même année, a permis aux forces de l’ordre de localiser l’un des principaux commanditaires des attentats du 13 novembre. Depuis ce jour, cette jeune femme vit sous protection policière et, si son loyer est pris en charge par l’État, les contraintes auxquelles elle doit se soumettre l’empêchent de mener une vie normale.
Ainsi, celui de cet homme, Franck Terrier, qui, le 14 juillet 2016, a jeté son scooter au passage du camion fonçant sur la Promenade des Anglais à l’issue du feu d’artifice pour le ralentir et qui s’est accroché sur le marchepied du camion pour tenter, en vain, d’entrer dans la cabine du chauffeur.
Beaux héros ! Mais un héros est-il toujours quelqu’un qui intervient par instinct, se demande Françoise ? Parlant d’expérience, Yvon affirme que oui. Il se revoit en train de courir pour prévenir un chauffeur que son camion-citerne arrêté sur un parking prenait feu. Le véhicule a explosé quelques secondes plus tard. « Je ne pense pas du tout avoir été héroïque, explique-t-il, je suis intervenu spontanément et sans avoir conscience du danger, c’est après coup que j’ai eu peur ».
Mais pourquoi certaines personnes ne réagissent-elles pas se demande Marie-Claude : « L’instinct n’explique pas tout. Je pense que ceux qui risquent leur vie pour en sauver d’autres sont extraordinaires. Ils prennent une décision que d’autres ne prennent pas ».
Marie-Laure la rejoint en expliquant : « Tout dépend de l’attention que l’on porte aux autres ; il faut ouvrir les yeux, voir ce qui se passe pour pouvoir intervenir. Je me souviens d’un jeune homme qui courait vers un bus sans s’apercevoir qu’un autre bus arrivait en sens inverse. Quand je me suis aperçu qu’il courait un danger, il a suffi d’un appel de ma part pour l’arrêter. Il s’est arrêté net, livide ».
Patricia remarque elle aussi que beaucoup de gens ne font pas attention à ce qui se passe autour d’eux : « Un jour en vacances, un homme en planche à voile n’arrivait pas à regagner la côte. La plage était bondée mais personne ne réagissait. J’ai prévenu les secours qui sont intervenus ; n’importe qui aurait pu le faire ».
L’héroïsme dépend parfois de pas grand-chose. En manifestant simplement sa présence, comme le raconte Muriel. « Quand une femme est agressée, on peut appeler à l’aide en montrant sa présence sans chercher à s’en prendre à l’agresseur ». Effectivement, il n’est pas toujours facile d’intervenir. La peur peut nous faire perdre nos moyens. Il faut aussi avoir conscience de ses limites. La petite-fille d’Eliane est ceinture noire de judo, elle peut se défendre mais elle sait que face à un homme armé, elle n’aura pas forcément le dessus.
Cela dit, il existe une grande différence entre aider une personne en difficulté et risquer sa vie pour la sauver, ainsi que le soulignent Serge L. et Alain. Comment savoir s’ils se comporteraient en héros ? Ils l’espèrent mais ne sont sûrs de rien.



