Depuis qu’il a été réélu président des États-Unis d’Amérique, Donald Trump exprime sans cesse sa volonté d’imposer sa volonté à tous, tant sur le plan économique que militaire. Mais ses menaces sont-elles toujours suivies d’effets ?
Revue de presse de la résidence de la Rose des sables.
Étaient présents : Chantal D., Chantal G., Jean-Louis, Madeleine, Mouni, Pierre, Renée ainsi qu’Edwige, animatrice, et les services civiques : Eline, Lucie et Matteo.
Donald Trump veut-il envahir le Groenland ? Apparemment, oui. A-t-il abandonné toute ambition concernant ce territoire ? Probablement pas. Pendant quelques jours, les propos du président concernant ce pays ont semé un trouble grandissant en Europe et ailleurs. L’idée de la guerre a rarement été aussi présente. Les résidents de la Rose des sables se sont demandés jusqu’à quel point il fallait s’inquiéter de cette perspective.
« Je ne crois pas à l’hypothèse militaire, estime Renée. Quels pays voudraient participer à une guerre ? Je crois plutôt à un conflit commercial, hélas ». Mais de fortes inquiétudes demeurent malgré les reculades du président américain. Mouni et Chantal G craignent encore que cette volonté de conquête entraine l’Europe dans un conflit armé. D’une même voix elles disent : « la voix diplomatique a retrouvé un peu de force mais cela ne nous rassure pas vraiment ; les voltes-faces répétées du président américain incitent à la prudence. La guerre fait toujours peur ».
Sur fond de scepticisme, Madeleine essaye de garder espoir : « Donald Trump est capable de tout mais j’ose espérer que le peuple américain ne le laissera pas faire. Le souvenir de la guerre du Vietnam n’est pas si loin ».
Dans la situation actuelle, toutes les opinions sont fragiles. Pour comprendre les motivations américaines quelques résidents s’appuient sur des arguments concrets mais pas forcément rassurants. Pierre pense que « c’est le contrôle des ressources minières qui motive Donald Trump ; le recours à la force n’est pas son objectif premier ». Mateo, service civique, estime que « Donald Trump veut s’assurer la maitrise des routes maritimes qui s’ouvriront bientôt dans le grand nord du fait du réchauffement climatique. Les bateaux de commerce passeront par cette région du monde et les États-Unis veulent en avoir le contrôle ».
Au-delà des intérêts économiques, Madeleine avance que « le Groenland n’est pas à vendre. On n’achète pas une terre comme une vulgaire marchandise ». Mais ce qui semble être une évidence n’est pourtant pas une vérité historique et Mouni rappelle que « les États-Unis ont déjà acheté des territoires par le passé. La Louisiane, la Floride et l’Alaska sont devenus des états de l’Union de cette manière. Aujourd’hui, cette éventualité semble plus difficile à concrétiser ; la pression internationale est quand même forte et les groenlandais souhaitent clairement rester indépendants. Il sera difficile d’aller contre cela ».
Car Donald Trump, malgré toutes ses envies de conquêtes, est bien obligé de tenir comptes de certaines réalités ; et il a déjà fait des annonces tonitruantes qui n’ont jamais été concrétisées.
Sa récente reculade à propos du Groenland en rappelle quelques autres ce que Mouni présente ainsi : « il ment tellement ! Il profère beaucoup de menaces en l’air. C’est un fou furieux et dangereux » !
Quelques exemples reviennent facilement en mémoire comme ces attaques verbales répétées contre le Canada. Mais les paroles de M. Trump peuvent avoir des conséquences dramatiques comme le souligne Edwige, animatrice : « En Iran, il a affirmé qu’il interviendrait en cas d’usage de la force militaire par le pouvoir pour faire taire les manifestants. Cela a été interprété par beaucoup d’iraniens comme une promesse de protection. Des millions de gens sont descendus dans la rue pour manifester contre les mollahs mais finalement Donald Trump n’a pas bougé quand l’armée iranienne a tiré sur son peuple ; des dizaines de milliers de personnes ont été tuées. La parole de ce président ne vaut pas grand-chose ».
Sur le plan économique également, Donald Trump a souvent promis l’enfer à de nombreux partenaires commerciaux ; l’augmentation des droits de douanes lui a longtemps servi d’arme potentielle. Il l’a finalement peu utilisée. Le risque de mettre à mal les entreprises de son pays et de voir baisser trop fortement le pouvoir d’achat de ses concitoyens l’a fait réfléchir. Cette arme, Donald Trump l’a encore brandie à propos du Groenland pour finalement l’abandonner très rapidement.
Les postures de M. Trump ne sont pas toujours suivies d’effets mais elles ont parfois de terribles conséquences. Il est certain cependant que montrer sa détermination pour contrer les ambitions du président américain est souvent utile et nécessaire. De ce point de vue, la fermeté des pays européens et du Canada pour défendre l’indépendance du Groenland a certainement été utile.



