Il existe beaucoup de chorales dans l’agglomération rouennaise. Une se distingue par l’apport singulier de ses participants : ces derniers chantent ce qu’ils ont écrit puis a été mis spécialement en musique. Bienvenue à la Chorale éphémère qui se produira le 20 juin prochain au Parc Grammont.
Par Stéphane Lecompte
Menée par l’énergique Amélie Affagard, chanteuse de la compagnie Zameliboum, la quinzaine de personnes formant la Chorale éphémère et présente au centre Simone Veil, sur la rive gauche de Rouen, commence la séance par quelques exercices physiques et vocaux.
Une mise en bouche qui permet de se préparer aux deux heures consacrées à l’art du chant, dans la bonne humeur d’un début de matinée aux arômes de café.
Les cordes vocales réchauffées, les femmes et les deux hommes présents s’arment des chansons composant le répertoire et qui parlent du quartier, de la vie, de ce qui se voit, se devine, graves ou légers comme une plume.
Ils entonnent les premiers couplets avec ardeur et fierté.
Plusieurs des participantes de cette saison ayant écrit des textes, Christiane, Zahia, Claudine, Martine, Virginie, Nora et Christèle, sont au diapason. Elles gardent leur modestie dans ce groupe soudé, où le mot d’esprit n’est jamais loin sans que cela vienne pour autant distraire leur engagement.
Cette chorale où il fait si bon chanter a été créée par Amélie Affagard, une ancienne professeure de flûte à bec et chanteuse de rue. Elle s’est fait connaître à Rouen en travaillant au centre Malraux avec ses musiciens, pendant trois ans. Dans le cadre du festival Curieux Printemps, ils y avaient joué le bal Madame Nomadski, pimpante voyageuse des contrées bohèmes, où la musique est un art de vivre, une substance régénératrice et aussi pétaradante qu’un début de printemps au soleil.
Trois ans, c’est le temps du contrat alloué par la Ville de Rouen à l’expérimentation de la Chorale éphémère auprès des populations de quartiers situés en zone prioritaire, mais accueillant également des habitants venus d’autres territoires. Nul sectarisme ne serait toléré ! D’ailleurs, certains habitants de la rive droite, dont votre serviteur, n’ont pas hésité à franchir le pont de la rivière Kwaï, (comprendre, les ponts de la Seine !), pour venir grossir la petite communauté de choristes.
Les enfants sont également sollicités dans l’aventure. Issus de classes du quartier, ces apprentis auteurs et chanteurs ne manquent pas d’aplomb pour ajouter de l’énergie au projet. Et Amélie and co ont à c(h)œur de leur inculquer des bases solides lors d’ateliers hauts en couleur.
La gentillesse et la disponibilité de la direction et du personnel du centre social Simone Veil (et pas que pour le café) aident grandement à l’accomplissement de cette œuvre d’art certes « éphémère », mais qui apporte du baume au cœur d’habitants en butte, comme tout à chacun, avec le climat anxiogène de notre société.
Cette oasis de bienveillance est un écrin qui diffuse sa fantaisie et sa poésie au-delà des drames communs.
Alors à vos agendas : le 20 prochain, pour la Fête de l’été, la Chorale éphémère se produira dans le parc de Grammont. Elle y entonnera un florilège de ses titres emballants, dont le fameux Chœur de cité, son morceau iconique, qui fait résonner des propos terriblement humanistes.



