L’écrivain algérien d’expression française fait partie des références de Ninja. Elle partage son enthousiasme.
Par Ninja
Tous les mercredis, je regarde La grande librairie sur la 5. Le 4 mars dernier, j’ai eu la joie d’y découvrir l’écrivain algérien d’expression française, Yasmina Khadra. Je l’avais rencontré dans une librairie rouennaise et il m’avait dédicacé l’un de ses livres.
Khadra est né en 1955 dans une Algérie souvent décrite dans ses romans comme une terre rude et bouillonnante. On y côtoie aussi bien la réalité que la poésie aux couleurs et parfums du Maghreb. De lui, j’ai lu : L’attentat (réaliste), L’automne des chimères, Les agneaux du Seigneur ou encore Ce que le jour doit à la nuit.
Très tôt, Khadra a été fasciné par les mots. Il se sentait né pour écrire. De ce fait, il parle de l’enfance en ces termes : « L’enfant n’est qu’un enfant. Il est contraint de s’adapter, de s’accommoder ! »
En général, dans les livres, j’aime des citations, des phrases-clés qui font écho en moi et qui resteront à jamais gravées en mon cœur.
Voici quelques exemples :
– « Une vie, c’est une histoire. Et une histoire n’est pas forcément un conte de fées. C’est quelque chose qui arrive à quelqu’un qui le conçoit ou le déçoit, le fait ou le défait. L’important, c’est ce que l’on fait de notre histoire. »
– « Je suis une âme qui se cherche, quitte à remuer le fond des abysses. Il faut de tout pour faire un monde, et du courage pour y faire sa place. »
Ses romans témoignent du fanatisme et des luttes de pouvoir, de l’incompréhension entre l’Orient et l’Occident, et du passé colonial de l’Algérie.
Son livre Ce que le jour doit à la nuit a fait l’objet d’une adaptation cinématographique. Je l’ai vue et cela m’a remuée. La bande originale est inoubliable. Elle passe avec une grâce infinie de : Voici à A vava Inouva de l’interprète Idir (qui signifie : il vivra ou celui qui vivra en kabyle).
Pour l’avoir rencontré et échangé avec lui, pour l’avoir lu, Yasmina Khadra est devenu pour moi une référence. C’est quelqu’un de profondément humain, avec une forte envie de vivre, malgré les difficultés, les adversités, les guerres.
Il a beaucoup de respect pour les femmes. D’ailleurs, il s’est approprié le prénom de la sienne, puisque son vrai nom est : Mohammed Moulesseoul.
Quand je pense à Yasmina Khadra, je pense de même à Enrico Macias, que j’ai découvert lorsque j’avais 20 ans. Des titres que je ne cessais pas d’écouter en boucle : Enfants de tous pays, Notre place au soleil, Un berger vient de tomber, Les gens du Nord, l’été du Rhône, etc. Et cela me fait penser au sort et aux émotions des exilés.




