Dans l’été qui s’achève, la future élection présidentielle s’impose de plus en plus dans l’actualité française. Les résidents de la Rose des Sables de Rouen ont imaginé leur candidat idéal. 

Revue de presse de la résidence de la Rose des Sables.
Étaient présents : Annette, Brigitte B, Brigitte T, Chantal D, Chantal G, Dania, Danielle, Dominique L, Dominique S, France, Françoise, Jean-Louis, Madeleine, Monique et Edwige, animatrice.

Un peu plus de six mois nous séparent de l’élection présidentielle. Une éternité. L’histoire récente prouve que la vérité de l’automne est rarement celle du printemps : en 2011, Dominique Strauss-Kahn était donné grand favori avant d’être rattrapé par un scandale sexuel, quelques semaines avant le scrutin. Cinq ans plus tard, François Fillon, favori lui aussi, devait se retirer de la vie politique après la révélation de détournements de fonds publics. 
Aujourd’hui, la situation reste assez floue. La liste des candidats s’allonge mais y en a-t-il un, ou une, qui donne vraiment envie de le ou la suivre ? 
Pour Madeleine, « il est difficile de trouver un équilibre entre charisme, conviction et écoute. Être candidat, c’est autre chose qu’avancer des idées ou lancer des appels pour telle ou telle cause ». « Il ne faut pas non plus s’adresser qu’à des Bac +5 comme le font certains leaders » ajoute Dominique L. Celles et ceux qui défendent des solutions trop belles pour être vraies ne convaincront pas non plus Dominique S. : « Je me méfie des personnalités politiques qui promettent des miracles sans véritablement savoir comment les accomplir une fois au pouvoir. C’est à ce moment que la réalité les rattrape ».
Pour Annette, l’honnêteté est primordiale : « Je suis prête à m’éloigner de mes convictions politiques pour voter en faveur de quelqu’un en qui je pourrai avoir confiance. Je me souviens qu’Elisabeth Borne montrait de réelles compétences en tant que Première ministre. Je n’étais pas toujours d’accord avec elle mais elle avait une force de caractère que j’appréciais. Pourtant, les hommes de son parti ne la soutenaient pas ». D’une manière générale, la place des femmes en politique reste problématique. France estime qu’il faudrait une femme de l’envergure de Simone Veil : « Elle a su faire face à une Assemblée Nationale exclusivement masculine pour faire adopter la loi sur l’avortement ». 

Si personne ne s’impose comme candidat idéal à la présidence de la République, cela est également dû à la crise du pouvoir que nous traversons. Les multiples pressions que subissent nos élus semblent plus fortes que leur capacité à faire avancer la société. Quand on constate le temps que prend l’examen d’un texte, quand on s’aperçoit que certains projets ne sont pas examinés, la question qui se pose est : les gens au pouvoir ont-ils vraiment le pouvoir ?

En l’absence d’une personne qui saurait franchement les convaincre, les résidents de la Rose des Sables se sont amusés à imaginer des candidats qui n’entrent pas dans le champ politique mais sont des observateurs attentifs et éclairés de notre société. Des femmes et des hommes qui prouvent qu’ils sont curieux des autres.
La journaliste Florence Aubenas jouit d’une très bonne réputation. Françoise S. la présente ainsi : « Elle a vécu beaucoup d’expériences, parfois très dures. Elle a été otage en Irak pendant plusieurs mois mais n’a jamais voulu tirer un quelconque profit de sa détention. Une fois libérée, elle a repris sa profession de reporter avec une force de conviction formidable. A travers son métier, elle est partie à la rencontre des gens les plus simples pour parler d’eux, pour nous aider à les comprendre ». La force de caractère d’une autre journaliste, Natacha Polony, est également évoqué.
Mais celui qui reçoit la majorité des suffrages est l’astronaute Thomas Pesquet. Dominique L. apprécie son état d’esprit : « Il a une vision périphérique du monde. Il envisage les défis qui se présentent à nous de manière humaniste. Pour lui, l’écologie doit s’imposer dans un monde en paix. Il se rend compte de la fragilité de la vie ». Dominique S. est sensible à sa rationalité de scientifique : « Il pousse les gens à être curieux. Pour lui, la science et la recherche apporteront des réponses dont l’humanité a besoin pour assurer son avenir ». 

Toutes ces personnalités enrichissent les débats qui nous nourrissent tout le long de l’année mais, Dominique S. le rappelle : « Il est plus facile de défendre certaines idées quand on est candidat à rien du tout » !