Pour l’édition 2026 de notre série d’été, nous avons eu envie de mettre en valeur ceux qui partagent leurs regards, curiosités, agacements, plaisirs tout au long de l’année au travers de leurs articles. En répondant à une dizaine de questions, Claudie, Emmanuèle, Martine, Ninja, Stéphane et toute la bande du comité de rédaction ont raconté de quel bois ils sont faits ! 

– À 20 ans, j’étais du genre idéaliste romantique.
Comme Rimbaud, je rêvais d’amours splendides. Et de vivre comme je l’entendais puisque je devenais indépendante financièrement. J’ai quitté ma campagne pour la ville où j’avais décroché par concours un emploi aux PTT. Avec ma première paye : je me suis acheté un super sac à main !

– À 40 ans, vous m’auriez croisée…
… épanouie, souriante, malgré un divorce et une fille malade ; les expériences heureuses et malheureuses, les diverses rencontres, notamment avec des livres capitaux, m’avaient aidée à me construire, à me faire grandir. Je me sentais encore jeune ! C’est cette année-là que j’ai rencontré mon deuxième mari, avec lequel je vis encore aujourd’hui ! Divorcés tous les deux, nous connaissons le prix d’une bonne entente. Je dirais que le sentiment amoureux ne suffit pas toujours. Il faut aussi beaucoup de dialogue, de compréhension. Maintenant, nous sommes « entrés » dans la vieillesse et on se tient par le cœur et la main.

– La retraite n’est pas tout à fait ce que je croyais :
J’aspirais vivre autre chose, pour me réaliser dans le plus profond de mon être et pour exprimer mes passions. J’ai arrêté de travailler à 58 ans, sans aucune préparation ! Aussitôt, j’ai intégré un atelier d’écriture, car j’aime jongler et voyager avec les mots. J’ai aussi été assidue à un atelier de mandala pendant 10 ans : une forme de développement personnel, déconcertant, enrichissant. Je me suis ensuite essayée à la peinture…
Au début de ma retraite, j’étais sportive. J’allais à la piscine le dimanche matin et le lundi, je randonnais avec un groupe. A 81 ans, je marche moins, mais on se retrouve en petit groupe et on fait marcher la langue ! 

– La plus grande colère de vie a été déclenchée par… 
… la Guerre d’Algérie ! J’étais adolescente, et deux de mes frères y ont participé. A la maison, c’était tendu et stressant. Aujourd’hui, en 2026, on est toujours en guerre quelque part. Cela me révolte car la vie est précieuse, sacrée.

– 3 vœux que j’aimerais voir réaliser de mon vivant :
– Que l’on dépense davantage pour la recherche scientifique et médicale
– Que l’on protège plus l’enfance, car de là, émane la vie.
– Que les puissants prennent conscience de la valeur humaine et qu’il y ait moins de malheureux !

– 5 évènements marquants qui ont marqué mon parcours de vie :
– L’expérience de la pauvreté durant mon enfance
– La guerre
– Le divorce
– Les maladies handicapantes
– Et, souvent, le manque de tolérance.

– L’avancée en âge m’apparaît comme une chance mais…
… le fait de vieillir permet d’apprendre, de mieux comprendre mais aussi réaliser qu’on a peut-être raté quelque chose ?

– Ce qui me donne envie de me lever le matin : 
L’amour des miens, l’amour de mes amis, de belles rencontres ; et aussi la curiosité et la possibilité de découvrir encore et encore !

– L’article que je suis fière d’avoir écrit pour les Curieux Ainés et pourquoi : 
C’est un article sur la survie du livre-papier. Étant déconnectée du numérique, je m’y accroche. Pour moi, les livres-papiers sont des références, des supports, des bornes sur l’autoroute de ma vie !

– L’article que j’aimerais avoir écrit et pourquoi : 
Ce serait un article sur les arts. Pour moi, l’art permet de s’élever, d’élargir ses horizons, de partir ailleurs. Il fait écho à nos émotions !