La France n’en finit pas de ne pas adopter de budget. Ce qui suscite bien des inquiétudes auprès des résidents de la résidence Trianon. Ils se demandent comment on en est arrivé là et s’ils seront impactés par les décisions prises.

Revue de presse à la résidence autonomie du Trianon à Rouen. 
Étaient présents : Brigitte, Christine, Evelyne, Daniel, Helena, Jean, Marie-Claude, Odette, Odile, Pierre, Thierry, Viviane ainsi que Helena, animatrice.

Savez-vous à quand remonte le dernier budget équilibré en France ? Il date de 1974. Depuis, le pays est continuellement en déficit public. Cinquante ans plus tard, personne n’espère retrouver une situation économique saine et le simple fait d’arriver à adopter un budget relèvera déjà de l’exploit. 
Pourquoi ? Comment en est-on arrivé là ? L’absence d’une majorité, même relative, est un frein considérable pour le pays. « Dans la situation actuelle, il faudrait trouver des compromis, mais cela semble impossible. Chaque parti campe sur ses positions » déplore Pierre. « L’union ferait faire des économies » complète Thierry qui se souvient que la commune pour laquelle il travaillait se heurtait à des divergences d’étiquette politique quand elle cherchait à mutualiser des dépenses avec ses voisines : « C’est ridicule, il faut savoir dépasser les clivages ». 
Pour sa part, Christine s’interroge sur le coût de notre système administratif qui est sinueux.  « Les dépenses pour les frais de fonctionnement de toutes les strates – municipalité, métropole, département, région, état – s’additionnent » ! Pour Odile, simplifier ce mille-feuille administratif réduirait les coûts de fonctionnement. « S’il y a des efforts à faire, tout le monde doit participer ».
Ces dernières années, les principales mesures prises par les différents gouvernements ont surtout consisté à supprimer ou baisser des impôts : suppression de la taxe d’habitation et de l’Impôt sur la fortune (ISF), réduction de la TVA pour la restauration et, sous Nicolas Sarkozy, suppression de la taxe professionnelle. « Tout cela a-t-il été utile, se demande Helena, animatrice au sein de la résidence ? Depuis la suppression de la taxe d’habitation, la taxe foncière n’arrête pas d’augmenter ! Ce que l’on a gagné ne saute pas aux yeux ». 
Car au final, si la question du budget et de la fragilité économique du pays inquiète tant les résidents de Trianon, c’est à cause des répercussions sur leur pouvoir d’achat. Comment évolueront les retraites, les prélèvements sociaux et l’impôt sur le revenu ?
« L’impôt est une bonne chose, affirme Jean. C’est grâce à lui que le pays peut se donner les moyens d’entreprendre » … Encore faut-il qui soit ressenti comme juste et équitable.
Thierry se demande souvent à ce propos « si les classes les plus modestes ne servent pas de variable d’ajustement. » ! Odile est dans le même état d’esprit : « Moi, je veux bien contribuer mais je pense qu’il faut surtout demander un effort aux plus riches ».
« Augmenter les recettes n’est pas forcément très compliqué, conclut Pierre. Un point de TVA supplémentaire rapporterait entre 5 et 10 milliards par an » ! Mais quelles seraient les conséquences sur le pouvoir d’achat ?