On se souviendra de l’été 2026 comme celui ayant battu tous les records de chaleur. Les canicules qui se sont succédées ont obligé les résidents de l’EHPAD Saint-Joseph de Sotteville-lès-Rouen à s’adapter et faire preuve de résilience.
Revue de presse à l’EHPAD Saint-Joseph de Sotteville-lès-Rouen.
Étaient présents : Annette, Colette, Christiane, Guy, Joseph, Odile, Raphaël, Roger, Rosa, Simone ainsi que Faiza et Fouzia, animatrices.
Comment épargner le plus possible leurs résidents des fortes chaleurs qui se sont succédées durant l’été ? Beaucoup d’EHPAD ont créé des espaces climatisés où ils ont invité leurs résidents à passer leur journée. Cela a été le cas à l’EHPAD Saint-Joseph de Sotteville-lès-Rouen : le restaurant, seule pièce climatisée de l’établissement, a servi de refuge aux résidents qui le souhaitaient. Entre 40 et 50 résidents s’y sont rassemblées des journées entières. Les plus assidus étant ceux habitant les étages supérieurs. « Plus on montait dans les étages plus, on souffrait de la chaleur » se souvient Christiane. « Au deuxième étage où je vis, il faisait très chaud, mais moins qu’au troisième ! Ce n’était vraiment pas drôle : il a fallu s’adapter, s’abriter comme on pouvait, modérer ses mouvements ». Malgré les ventilateurs et les couvertures de survie fixées aux fenêtres de leur chambre, beaucoup de résidents, dont Roger, ont préféré rejoindre le restaurant. « Évidemment, j’ai dû sacrifier mon intimité : je ne pouvais pas faire la sieste par exemple, mais je n’avais pas le choix » témoigne-t-il. « Le problème quand on vit tous ensemble, c’est aussi le bruit », ajoute Annette, « C’est fatiguant. Pour retrouver un peu de tranquillité, j’aurais pu aller dans le jardin qui jouxte le bâtiment ; d’habitude, j’y vais régulièrement. Mais durant cette période, je suis restée à l’abri. De fait, j’ai moins souffert de la chaleur que des conséquences sur l’organisation de l’espace de vie ». Joseph aussi a renoncé à profiter du jardin : « En temps normal, cela fait du bien de sortir, ça apporte une respiration. Cet été, non seulement on suffoquait dehors à cause de la chaleur humide mais on étouffait aussi à l’intérieur parce qu’on se sentait enfermés ». Raphaël est le seul à être sorti : « Sinon je n’aurais pas pu fumer ».
Ne trouvant leur place ni dehors, ni au restaurant, certains résidents sont restés chez eux. « A 85 ans, c’est particulièrement éprouvant de subir une canicule. Chez moi, cela occasionne de la tension » raconte Colette. « Alors, je suis restée dans ma chambre pour être tranquille. C’était long et par moment, j’étais exaspérée ; j’insultais la télévision quand je voyais un énième reportage sur les conséquences de la canicule. J’étais épuisée. Je faisais aussi attention à boire 10 à 12 verres d’eau par jour pour m’hydrater et soulager ma tension ». Simone aussi est restée dans sa chambre : « J’arrivais à rafraichir la pièce avec mon ventilateur et en laissant les stores fermés. Ça me permettait de faire la sieste. Il faut dire que je suis habituée à la chaleur : mon mari était boulanger et le four brûlant ». Guy n’a pas quitté sa chambre non plus pour pouvoir recevoir son épouse. « Un jour, elle a fait un malaise en arrivant. La canicule a été une épreuve pour elle aussi, qui vient me voir souvent ».
Cette chaleur persistante et inconfortable inquiète les résidents : « Il faudra changer nos modes de vie, ne serait-ce que pour préserver l’avenir de nos enfants. On a des devoirs vis-à-vis d’eux. On doit leur laisser un monde vivable » s’inquiète Annette. « Mais en serons-nous capables ? » surenchérit Raphaël.



