A l’approche de l’été, des étudiantes en 2ème année de BTS économie sociale et familiale du lycée Flaubert se sont intéressées à la question de l’abandon des animaux. Un phénomène particulièrement important en France. Avec elles, les résidents de la résidence Trianon se sont saisis du sujet.

Revue de presse à la résidence autonomie du Trianon à Rouen. 
Étaient présents : Brigitte, Christine, Eliane, Jean, Martine, Odette, Odile, Pierre, Thierry, Viviane.

Ainsi que les étudiantes en 2ème année, BTS économie sociale et familiale : Amelie, Anaïs, Anissa, Camille, Celia, Elsa, Latifa, Leane, Maeva, Mailys, Mario, Mayssa, Morgane, Noalena, Orlane, Rougui, Yasmina et leur enseignante, Margaux.

Anissa, Amélie et Camille, trois étudiantes sensibles à la question animale, s’inquiètent de voir des milliers d’animaux – essentiellement des chats et des chiens – à nouveau abandonnés par leurs maitres à l’approche de l’été. « Pendant longtemps, la France a été le pays européen le plus touché par ces vagues d’abandons » déplore Camille.  « Aujourd’hui, l’Espagne a pris la tête de ce mauvais classement mais le phénomène persiste chez nous. En l’absence d’une définition précise de l’abandon animal, les estimations varient entre 40 000 et 300 000 animaux concernés chaque année ». Et de préciser que les chiffres avancés par les organismes de protection animale se situent en haut de cette fourchette et sont en constante progression.
Amélie fustige la légèreté des gens : « Beaucoup trop de personnes adoptent un animal sur un coup de tête, sans réfléchir à l’organisation que cela implique, notamment pour leurs vacances ». Martine, résidente à Trianon, rappelle qu’un chien « il faut le sortir, le nourrir ; c’est une contrainte quotidienne. Un engagement » ! Pierre, qui a eu deux chiens relève que trop de parents adoptent un animal pour faire plaisir à leurs enfants : « C’est très bien mais il faut l’assumer ensuite ». Et de raconter son expérience. Ses enfants avaient voulu adopter un épagneul breton qui les avait attendris alors qu’il y avait déjà un chien à la maison. « Avec ma femme nous avons voulu leur faire plaisir et nous avons accepté. Mais, quelques années plus tard, mes enfants sont partis pour vivre leur vie tandis que le chien est resté. On s’en est occupé, bien obligés ».
Camille a connu une expérience inverse : « Mon frère et moi avons obligé nos parents à acheter un chien ; mais en partant pour faire nos études, nous avons mis en place une garde partagée. Jamais, nous n’aurions pu abandonner notre chien ».
Une situation familiale qui évolue implique souvent de lourdes conséquences pour les animaux. « Beaucoup d’abandons ont lieu à l’occasion d’un divorce, d’un déménagement ou d’un changement de situation économique car entretenir un animal coûte cher », remarque Amélie. Thierry, qui a vécu avec plusieurs animaux différents au cours de sa vie, le confirme : « Prendre soin d’un animal a un coût qui va bien au-delà de l’achat de nourriture. J’ai dépensé 400 € pour soigner le cancer de mon chat, il était vieux mais je l’aimais beaucoup. Il est mort, un an après, je ne regrette rien ».
Mieux vaut donc bien réfléchir avant de s’engager. 
Pourtant, ces dernières années, une nouvelle tendance s’est développée qui fragilise encore la condition animale, ainsi que le constate Anissa : « Des influenceurs ont pris l’habitude de se filmer en compagnie d’un animal, plus ou moins exotique. Ce qui donne à leur public envie de les imiter. Résultat : des élevages intensifs de ces animaux voient le jour et un trafic s’installe. Or, les animaux élevés dans ce type de contexte maltraitant présentent pas la suite des troubles du comportement pouvant les rendre ingérables ». Cela augmente d’autant plus les risques d’abandon.  Mais quelle alternative à l’abandon d’un animal devenu encombrant au moment des vacances ? Amélie évoque les pensions pour animaux. Et si leur prix parait excessif, Anaïs suggère d’organiser une garde d’animaux entre voisins. Rougui, enfin, rappelle que les animaux peuvent voyager : « Bien sûr, quand on part à l’étranger, cela devient compliqué. Il vaut sans doute mieux rester en France mais cela ne fait-il pas partie des engagements que l’on prend en adoptant un animal » ?