Ninja a expérimenté ce que le neuropsychiatre Boris Cyrulnik a lui-même vécu puis théorisé : elle a trouvé le ressort suffisant pour rebondir et dépasser ses traumatismes. Hommage au grand homme. 

Par Ninja.

J’ai une admiration sans borne pour le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, 89 ans, aujourd’hui ! Je l’ai lu et aussi rencontré dans la librairie rouennaise l’Armitière.
Son autobiographie Sauve-toi, la vie t’appelle, m’a particulièrement touchéeIl y raconte son enfance. Né en 1937, il avait trois ans quand Bordeaux s’est retrouvée occupée par les Allemands. Pour lui éviter la déportation, ses parents, d’origine juive, le confient à une pension. Le petit Boris ne les reverra jamais : ils ont été arrêtés et mourront en déportation. Il est ensuite caché par une institutrice, Marguerite Farges. Lors de la rafle de 1944, (il n’a pas encore sept ans), il est arrêté mais il parvient à se cacher puis à s’évader. Il sera ensuite pris en charge par différentes personnes d’un réseau de Justes. A la fin de la guerre, il était quasi autiste. Il était nul à l’école. Mais sa tante Dora, retrouvée après la guerre, a su le réchauffer et, avec cette chaleur familiale, il s’est enfin senti bien. Il s’est mis à apprendre. Et pour donner un sens à sa vie et il est devenu psychiatre, bien qu’il eût rêve d’être archéologue. Il a bien fait car il a théorisé puis vulgarisé le concept de la résilience, c’est-à-dire la capacité à surmonter un choc traumatique. 
Ce livre m’a beaucoup parlé parce que j’ai connu moi aussi un parcours difficile. J’ai été confrontée à la dépression, à la maladie mentale de plusieurs membres de ma famille, certains se sont même suicidés…Moi-même, j’ai lutté contre des tempêtes mentales. Ce qui a permis de me relever ? Des livres, notamment ceux de Boris Cyrulnik. Grâce à lui, je n’ai pas cessé d’explorer mon être et d’y chercher la joie d’exister. 
A mon sens, quand on s’est trouvé, que l’on est en accord avec soi, c’est plus facile de se tourner et d’écouter les autres. Alors, malgré le contexte actuel, restons confiants et cultivons les grains de la solidarité, de l’amitié… et la récolte sera bonne, malgré les intempéries !