Un protocole d’accord d’une durée de deux mois signifiant l’arrêt des combats a été signé entre les États-Unis d’Amérique et l’Iran. Mais après quelques jours, cet accord semble déjà menacé. Résistera-t-il au temps ? Quelle sera la situation à la fin de l’été ? Les personnes présentes à notre dernière revue de presse de la Maison de Ainés partagent leurs espoirs et leurs inquiétudes.

Revue de presse de la Maison des Aînés.
Étaient présents : Brigitte, Christiane, Eliane, Françoise, Patricia, Serge, Serge-Patrick, Sylvine

Le protocole d’accord que viennent de signer les États-Unis d’Amérique et l’Iran ne règle pas le conflit qui les oppose :  il ouvre une fenêtre de négociation de deux mois. Sera-t-il possible de mettre à profit ces quelques semaines pour régler des questions qui minent leur relation, depuis des années, comme le développement du nucléaire et la gestion des stocks d’uranium enrichi ? L’attitude d’Israël et du Hezbollah ne sera-t-elle pas un obstacle au bon déroulement des pourparlers ? La situation est fragile et n’inspire pas confiance comme en témoignent les personnes qui ont participé à la revue de presse de la fin juin.

Patricia se montre relativement optimiste : « Les enjeux économiques sont tellement importants ! Les pays concernés auront intérêt à aller au bout du processus qu’ils viennent d’engager même si cela à un coût. On peut penser, par exemple, que les règles pour franchir le détroit d’Ormuz évolueront et que les Iraniens percevront, à terme, une redevance pour chaque passage de navire. Cela fera partie d’un l’accord final. En attendant, la circulation maritime est libre même si elle peut très vite être menacée ».

Eliane craint que l’espoir d’un accord définitif ne ressemble à un vœu pieux : « Aucun des protagonistes ne se préoccupe de la stabilité de la région ou des conditions de vie des populations locales. Ils cherchent uniquement à tirer profit de la situation. Les États-Unis et Israël, qui sont pourtant alliés, ont des intérêts divergents si bien que je ne vois pas comment ils pourront s’accorder d’une manière durable ».

Serge-Patrick craint que les oppositions qui voient le jour entre Américains et Israëliens s’avèrent préjudiciables à la poursuite de l’accord : « Benjamin Netanyahu a engagé son pays dans ce conflit pour des raisons politiques et sécuritaires tandis que Donald Trump veut surtout favoriser le commerce et faire des profits. Je ne vois pas comment les deux partenaires peuvent négocier ensemble avec l’Iran. Je m’inquiète également de la mise en place d’une redevance pour passer par le détroit d’Ormuz. Payer un droit de passage dans une eau internationale serait pourtant illégal. Sans compter que cela créerait un précédent qui pourrait désorganiser le commerce maritime international ». 

Au-delà du conflit iranien, Françoise redoute les conséquences pour le reste du monde : « Le conflit entre l’Iran et les États-Unis s’inscrit dans une instabilité générale. Je me demande comment certains pays réagiraient si l’accord entre les deux pays touchaient au commerce du pétrole. Peut-on croire que la Chine, l’Inde et d’autres grandes puissances économiques ayant des accords commerciaux avec l’Iran accepteront que les U.S.A. tirent profit de la situation » ? 

Serge de son côté ne voit pas la Chine rester inactive : « Je ne sais pas si le protocole d’accord sera respecté cet été et, à vrai dire, je ne suis pas certain que cela soit important car je ne fais confiance ni aux uns ni aux autres. En revanche, je me demande ce que va faire la Chine. On ne l’entend pas, elle semble étrangère au conflit. Je pense qu’elle attend son heure et que, sans rien dire, elle étend son pouvoir économique. Trump n’a qu’à bien se tenir ».

Brigitte ressent également cette mutation du monde : « A la table des négociations, les grandes nation d’autrefois sont absentes tandis que le Qatar et le Pakistan sont présents. Qui aurait pu croire que le Pakistan deviendrait un interlocuteur aussi important ? Les rapports de force changent. L’Europe et l’Occident ont perdu de leur influence ».

Sylvine pense aux populations qui souffrent depuis plusieurs mois : « Quand on subit une guerre, on apprécie forcément le retour à la paix. Ces prochains jours, les Iraniens vont pouvoir sortir de chez eux sans craindre d’être bombardés et je leur souhaite de tout cœur que cela dure. Je m’inquiète en revanche de leur situation politique ; ils vont se retrouver confrontés à un régime qui semble plus fort qu’auparavant. Je pense aussi aux Libanais, dont la situation parait encore plus précaire. Le gouvernement israélien ne semble pas vouloir respecter l’accord signé. S’il continue d’attaquer le sud-Liban, j’imagine que les Iraniens ne l’accepteront pas ».

Christiane se sent dépassée par la situation actuelle : « On a en face de nous deux protagonistes dont on ne sait pas vraiment ce qu’ils pensent, ni ce qu’ils veulent, ni ce qu’ils vont faire. Les États-Unis et l’Iran s’opposent depuis tellement longtemps que je ne crois pas au règlement réel et définitif de leur conflit. Dans l’immédiat, je pousse un soupir de soulagement. Pour ce qui nous concerne au quotidien, j’espère des effets positifs sur le prix de l’essence ».