Le festival de Cannes qui vient de s’achever a notamment été marqué par une évolution encore impensable ces dernières années : sur le tapis rouge, de nombreuses femmes se sont présentées en tenue sobre, loin des ensembles dénudés du passé. Le début d’une affirmation de leur place pour leur talent plutôt que pour leur plastique ?

Revue de presse de la résidence de la Rose des Sables.
Étaient présents : Annette, Brigitte, Chantal G., Chantal S., Dania, Dominique L., Dominique S, Françoise M., Françoise S., Jean-Louis, Madeleine, Monica, Mouni, Yvette et les animatrices Edwige et Manon.

Quel est le véritable rôle des femmes au Festival de Cannes ? Vu à travers les émissions qui lui sont dédiées, on pourrait croire qu’il se résume au passage éphémère et médiatique sur le célèbre tapis rouge. Annette s’agace de cette réduction : « On ne parle pas assez des films et même les émissions spécialisées se concentrent sur la montée des marches. Résumer le festival à un parade me choque » ! Pour Françoise S., cette situation s’explique en partie par l’histoire même de l’événement : « Pendant longtemps, le tapis rouge a servi de vitrine publicitaire pour les grandes maisons de couture, ce qui poussait les actrices à porter des tenues spectaculaires. » Selon elle, c’est cette mise en avant de l’apparence qui a détourné l’attention de l’essentiel : la promotion du cinéma.
Madeleine partage ce constat : « Cannes est une formidable occasion pour des réalisateurs du monde entier de faire connaître leur travail. On y découvre des artistes aux univers très différents, venus parler de leurs films. Mais comment accorder toute l’attention qu’elles méritent aux paroles d’une comédienne lorsque les regards se portent avant tout sur son décolleté ? »
« Trop belles pour être vraies, trop belles pour être écoutées » regrette Dominique S. 
Ce rendez-vous de stars à Cannes est aussi l’occasion de vérifier comment les unes et les autres avancent en âge. Le recours à la chirurgie esthétique reste très répandu. Ce qui choque Chantal G.  « Quand une comédienne essaye de se rajeunir de 20 ou 30 ans, c’est excessif » ! Les actrices qui ont totalement accepté les évolutions de leur corps sont encore rares. Madeleine cite Charlotte Rampling, Brigitte, Cécile de France : « Elle choisit des rôles qui ne mettent pas forcément en valeur sa belle – physionomie ». Dominique L. apprécie qu’une actrice reste naturelle : « Cela permet à son talent de s’exprimer pleinement ». 
A souligner qu’il est peut-être plus facile aujourd’hui pour une comédienne d’adopter ce genre de ligne de conduite car le nombre de personnages féminins de plus de 40 ans sont plus nombreux. Les actrices peuvent mener des carrières plus longtemps. Manon, jeune animatrice, confirme en effet que les standards sont en train de changer : « Des vedettes des années 2000 – surtout célébrées pour leur plastique avantageuse – rejettent désormais les dictats d’une beauté normée. Par exemple, Pamela Anderson, qui a été un sex-symbol, a enlevé ses implants mammaires et refuse désormais de se maquiller ». Dania remarque que tant qu’on est bien dans sa peau, « pourquoi ne pas vivre et faire avec son âge » ? 
Certes… ce recours à la sobriété de certaines ne doit pas cependant résonner comme un appel moraliste à la pudeur. Mouni estime que les femmes ont le droit d’être sensuelles et sexys : « Cela n’est pas mon registre, mais je ne trouve pas dérangeant qu’une actrice veuille se mettre en beauté. Il faut éviter qu’elle y soit obligée, c’est tout ».
Edwige, animatrice, apprécie l’évolution actuelle tout en reconnaissant avoir par le passé été attirée par le glamour qui se dégageait du festival, via la Une des magazines. « Quand j’étais adolescente, les montées des marches me faisaient rêver. Et me donnaient envie de porter des beaux bijoux. » 
Cette année, les photos du festival parues dans les médias ont témoigné d’une évolution : moins de comédiennes en robes fourreau au profit de tailleurs short ou pantalon. Cela contribuera peut-être à changer le regard que la société pose sur le corps des femmes.