L’Europe a toujours eu du mal à montrer son unité sur le plan économique. Sur le plan de la défense, un équilibre semble s’imposer mais la décision de l’Allemagne de développer son armée pose de nouvelles questions et soulève quelques inquiétudes auprès de ceux qui ont connu la Seconde Guerre mondiale. Inquiétude renforcée par l’ascension de l’AFD, parti révisionniste qui vient de remporter les élections en Saxe-Anhalt.

Revue de presse de la Maison des Aînés.
Étaient présents : Alain, Anne Marie, Catherine, Christiane, Eliane, Françoise A., Françoise V, Marie France, Marie Laure, Muriel, Reza, Serge.

L’Allemagne a engagé un plan d’investissement important pour moderniser et développer son armée. Le budget se monterait à 500 milliards d’euros sur 12 ans. Le pays entend ainsi devenir la première force conventionnelle européenne et réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis.
« Cette évolution modifie l’équilibre militaire en Europe » s’inquiète Françoise V. « Quand Donald Trump a révélé ses ambitions territoriales vis-à-vis du Groenland, la France et l’Angleterre se sont élevées pour défendre le Continent. Aujourd’hui l’Allemagne cherche à s’imposer comme un partenaire aussi important ». Françoise A. apporte une touche de nuance : « Il est normal qu’un pays économiquement fort puisse compter sur son armée pour se défendre ; surtout dans le contexte international actuel ». 
N’empêche qu’une Allemagne qui ravive sa force militaire inquiète les Français qui ont connu la guerre. « J’ai beau me raisonner et considérer sans aucune hésitation l’Allemagne comme un pays ami, voir ce pays s’engager dans ce qui ressemble à une économie de guerre réveille chez moi des réminiscences violentes » s’émeut Françoise V. « J’ai vécu la guerre ; mes parents m’ont inculqué l’idée que les soldats allemands étaient méchants. L’idée qu’un conflit se déclenche m’inquiète ».
Eliane se souvient aussi du choc des Français, découvrant, après la guerre, en quoi avait consisté les atrocités commises par l’armée allemande. « Ce sont des sentiments qui ne s’effacent pas ».
Françoise A. et Muriel rappellent cependant que « ces dernières décennies, la France et l’Allemagne ont uni leurs efforts pour que la réconciliation et l’amitié entre les deux pays soient solides ». D’ailleurs, cette amitié a été un pilier puissant de la création de l’Union Européenne. 

Si les états européens font front commun face aux menaces extérieures, Françoise S. s’inquiète des menaces intérieures, via les partis xénophobes qui propagent la haine et la violence. Anne-Marie aussi : « Certains groupuscules sont proches des mouvements néonazis. Cela donne le sentiment du réveil d’une ancienne puissance aux idées malfaisantes ». « Tant que ces mouvements liés à l’extrême-droite resteront minoritaires, leur influence sera limitée. Mais qu’en sera-t-il s’ils accèdent au pouvoir » s’angoisse Anne-Marie ? Pour Serge, le réel danger n’est pas là. « Depuis des années, la Chine étend son empreinte économique ; elle prend possession d’énormes territoires en Asie, elle achète la plupart des ports en Méditerranée, elle a développé au fil des ans des savoir-faire qui lui permettent de produire des produits de haute technologie dont nous ne pouvons pas nous passer. En comparaison, le développement de l’armée allemande me paraît beaucoup moins inquiétant ».